RSSI vs RSRP : Diagnostiquer la qualité réelle de votre connexion IoT

Si vous avez du signal sur votre téléphone mais que votre capteur IoT tombe régulièrement malgré les 4 ou 5 barres affichées, l’équipe technique risque de considérer le réseau comme défaillant alors que l’opérateur dira que tout est ok.

Au final, personne ne sait vraiment d’où ça vient. Ça donne 2h d’immobilisation avec des diagnostics qu’on répète pour rien et qui finissent par coûter cher.

Chez Hâpy Services on s’appuie sur deux indicateurs pour trouver l’origine du problème : le RSSI et le RSRP. L’un mesure le signal brut, l’autre le signal réellement exploitable. La différence entre les deux, c’est souvent ce qui change tout.

RSSI : Qu'est-ce que c'est

Le RSSI (Received Signal Strength Indicator) correspond à la puissance totale que votre antenne capte à un instant T, que ce signal vienne de la station de base, du bruit ambiant ou des interférences des appareils voisins. Tout est mélangé dans une seule valeur.

Il s’exprime en dBm (décibel-milliwatt), sur une échelle qui va de 0 dBm (signal parfait) à -120 dBm (inutilisable) : plus vous vous rapprochez de 0, plus le signal est fort.

Comment l’interpréter :

Valeur

Qualité

Fiable ?

-50 à -70 dBm

Fort

Oui

-70 à -85 dBm

Moyen

Oui

-85 à -100 dBm

Faible

Non toujours

< -100 dBm

Très faible

Non

Le problème avec le RSSI, c’est qu’il inclut tout, y compris le bruit. Imaginez un RSSI à -92 dBm dans une rue dense en Wi-Fi : mauvais sur le papier, sauf que la moitié de cette valeur vient du Wi-Fi environnant et non du signal 4G, qui lui reste parfaitement utilisable, sauf que le RSSI ne vous le dira jamais.

Vous pensez alors à un problème opérateur, vous appelez le support, et deux jours plus tard on découvre que c’était simplement le Wi-Fi.

RSRP : Qu'est-ce que c'est

Le RSRP (Reference Signal Received Power) ne mesure pas la puissance totale : il isole uniquement le signal de référence que la station de base envoie en continu, que votre antenne peut alors capter seul, sans le bruit ambiant.

 

Comment l’interpréter :

Valeur

Qualité

Fiable ?

-75 à -100 dBm

Bon

Oui

-100 à -115 dBm

Moyen

Oui

-115 à -130 dBm

Faible

Non

Le bruit n’entre pas en compte dans le RSRP, donc si vous avez un RSSI à -92 dBm (mauvais) et un RSRP à -78 dBm (bon), le diagnostic est immédiat : le signal 4G est bon, mais c’est l’environnement qui est bruyant.

Cette distinction vaut de l’argent, parce que quand vous savez que c’est le bruit, vous ne changez pas d’antenne, vous traitez le problème à la source, avec une antenne directionnelle, un changement de fréquence ou du multi-opérateur, des solutions 10 à 100 fois moins coûteuses.

La différence clé

Le RSSI et le RSRP ne racontent pas la même chose.

Quand les deux sont mauvais (RSSI -105, RSRP -112), c’est que la couverture est insuffisante : le signal arrive faiblement, avec peu de bruit, et la solution est alors matérielle : antenne externe, amplificateur, relocalisation.

Quand le RSSI est mauvais mais le RSRP est bon (RSSI -92, RSRP -78), le signal utile arrive correctement mais c’est l’environnement qui est bruyant. Dans ce cas on ne touche pas à l’antenne, on traite le bruit : antenne directionnelle, changement de fréquence, multi-opérateur.

L’écart entre les deux valeurs vous donne directement le niveau de bruit approximatif…

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Où trouver ces mesures

Sur un routeur 4G/5G, il suffit de se connecter à l’interface web et de chercher la section “État du réseau” ou “Qualité signal” : le RSSI et le RSRP y sont affichés directement.

Sur Android, composez ##4636##, ouvrez “Phone Info” et cherchez “Signal Strength”. Sur iPhone, l’app LTE Discovery (gratuite) fait le travail, et sinon NetMonitor (Android) ou OpenSignal (multi-plateforme) restent deux alternatives fiables.

Pour une carte SIM M2M déployée en production, ces mesures sont directement accessibles via le dashboard Hâpy Services ou sur le routeur/module IoT.

Cas 1 : Sous-sol d'immeuble (Smart Building)

La situation

Un immeuble tertiaire de 15 étages installe des capteurs de température et de consommation énergétique dans chaque zone : un projet classique de bâtiment intelligent. Les capteurs communiquent via 4G avec une plateforme GTB, et pendant 3 mois ça marche, puis les remontées s’arrêtent aléatoirement, 10 minutes, une heure, parfois plus.

Les capteurs se trouvent dans les sous-sols techniques, parking et chaufferie, 15 à 20 mètres sous le sol, entre béton épais, acier et tuyauterie. Autant dire que les ondes radio n’aiment pas ça.

Le diagnostic

Valeur

RSSI

RSRP

État

Diagnostic

Parking -2

-102 dBm

-104 dBm

🔴 Critique

Couverture insuffisante — béton en cause

Chaufferie

-108 dBm

-112 dBm

🔴 Critique

Couverture insuffisante — signal quasi inutilisable

Stockage -1

-95 dBm

-98 dBm

🟡 Limite

Couverture dégradée mais stable

Les deux métriques sont mauvaises partout, avec un écart faible (2 à 4 dBm) — donc peu de bruit. Le problème vient en réalité de l’atténuation du béton, pas d’une question de bruit réseau.

La solution

Une antenne externe 4G installée sur le toit, reliée par un câble de 15 mètres jusqu’à la chaufferie.

Après intervention, les mesures en chaufferie donnent un RSSI à -78 dBm et un RSRP à -75 dBm, avec une stabilité remarquable : moins de 3 dBm de variation sur 30 minutes.

Résultat : les capteurs remontent leurs données sans interruption pendant les 6 mois suivants, pour un coût de 3000€ (antenne, câble, installation) et un temps de diagnostic de 15 minutes.

Cas 2 : Zone urbaine dense (Bornes de recharge électrique)

Une startup déploie 50 bornes de recharge dans des rues commerçantes. Les bornes signalent leur disponibilité en temps réel via 4G, et si en labo tout fonctionne, sur le terrain certaines perdent la connexion 5 à 10 fois par jour, sans pattern évident : un jour c’est une borne, le lendemain une autre.

Le contexte n’aide pas : cafés, boutiques, hôtels, du Wi-Fi 2,4 GHz et 5 GHz saturé partout, bref un environnement radio particulièrement dense.

Le diagnostic

Valeur

RSSI

RSRP

Écart

Diagnostic

Borne stable

-82 dBm

-80 dBm

2 dBm

Disponibilité 100%

Borne instable

-92 dBm

-78 dBm

14 dBm

Le signal 4G arrive très bien (RSRP -78 c’est bon). Mais il y a 14 dBm de bruit Wi-Fi.

Le chipset de la borne a du mal à décoder le signal quand le rapport signal/bruit se dégrade : une simple interférence Wi-Fi momentanée suffit alors à perdre la connexion.

Les solutions testées

Repositionner l’antenne s’est révélé insuffisant, et une antenne directionnelle pointée vers la station de base n’a apporté qu’une amélioration mineure.

Ce qui a vraiment fonctionné, c’est de passer en multi-opérateur : la borne utilise désormais une SIM qui agrège Orange, SFR et Bouygues, et le routeur bascule automatiquement vers le réseau offrant le meilleur RSRP à chaque instant.

Résultat : le RSRP oscille entre -70 et -85 dBm, avec basculement automatique entre réseaux et zéro déconnexion observée sur 3 mois. La disponibilité est passée de 99,0% à 99,95%, soit 90% de déconnexions en moins, pour un temps de diagnostic de 20 minutes.

Cas 3 : Zone rurale isolée (Parc solaire)

Une PME déploie un parc solaire de 5 hectares à 22 kilomètres du centre-ville. 12 capteurs doivent envoyer les données de production électrique à une plateforme cloud pour optimisation prédictive.

La zone est très rurale, avec une station de base 4G la plus proche à 12 km : la couverture existe techniquement, mais elle reste limite.

Le diagnostic

Les mesures sur site donnent un RSSI à -112 dBm et un RSRP à -110 dBm, soit un écart de seulement 2 dBm. La connexion fonctionne 80% du temps, avec des déconnexions surtout en fin d’après-midi.

Les deux valeurs sont mauvaises et l’écart est faible, donc peu de bruit : c’est un problème de distance, pas de couverture parasitée.

Les options évaluées 

Option

Élément

Coût

Amélioration

Option 1

Amplificateur 4G

1500€

+5 dBm

Option 2

Antenne directionnelle sur mât 10m

3000€

+10 dBm

Option 3

Hybride 4G + satellite

5000€ + 30€/mois

99,5%

La solution implémentée

L’approche retenue est hybride, 4G + satellite.

Le RSRP 4G reste stable autour de -95 à -100 dBm pendant 95% du temps, et le satellite prend le relais sur les 5% restants de perte 4G, pour une disponibilité cible de 99,5%.

Côté coût-bénéfice, 5000€ permettent de garantir une supervision sans interruption pendant 10 ans sur une infrastructure critique d’énergie renouvelable, pour un temps de diagnostic de 25 minutes.

Conclusion

RSSI et RSRP ne sont pas optionnels en production IoT : ce ne sont pas juste des chiffres, ce sont vos outils de diagnostic.

Le RSSI dit “il y a du signal”, le RSRP dit “le signal utile est là”, et ensemble ils expliquent pourquoi une connexion marche ou échoue.

Un technicien qui maîtrise ces deux mesures diagnostique correctement et intervient la première fois, là où un technicien qui ne connaît que les barres de signal reviendra plusieurs fois.

C’est une méthode structurée qui élimine les allers-retours inutiles et réduit drastiquement les temps d’immobilisation.

Sources :

    • 3GPP TS 36.214 – Physical layer measurements (LTE) – 2024
    • 3GPP TS 38.215 – Physical layer measurements (5G NR) – 2024
    • Qualcomm – LTE Modem Design & Implementation Guide – 2023
    • Nokia – 4G/5G Network Measurement & Optimization Handbook – 2023
    • GSMA Intelligence – IoT Connectivity Report 2024
    • IoT Analytics – Cellular IoT Market Report – 2024
    • Ericsson – Network Performance Optimization (RAN fundamentals) – 2023
    • Retours d’expérience diagnostic connectivité IoT – Hâpy Services (2024-2025)-

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